Collectif
de soutien à un anthropologue indépendant Espace de réflexion collective sur l'intégration du Moyen-Orient aux perspectives citoyennes, militantes et intellectuelles ![]() En chantier… (Premier dépôt des statuts avorté en juin 2019. Je les redéposerai quand il y aura des volontaires pour adhérer…) |
||
J’ai déménagé à Sète en février 2014, contraint d’abandonner une thèse qui avait pourtant suscité le vif intérêt du monde académique (Prix Michel Seurat du CNRS en 2009) mais paraissait décalée face aux enjeux ouverts après 2011 par la vague des Printemps Arabes. Or déjà à cette époque, Ziad déambulait dans les rues en proclamant pour Taez l’imminence du Jugement Dernier. Et de fait en 2015 quand la guerre s’est déclarée, cette ville s’est révélée au centre de tous les enjeux (comme Alep dans le conflit syrien). Soumise d’abord à de violents combats, elle a subi ensuite un long blocus alimentaire et des bombardements, du fait des rebelles houthis stationnés dans les faubourgs. La vie reprend depuis peu à peu, dans des conditions extrêmement difficiles sur le plan sécuritaire, alimentaire et sanitaire. Le quartier de l’enquête reste emblématique de cette ligne de front, où les snipers se font face à travers une zone minée. Le petit frère de Ziad était entré en politique en 2009, initialement comme simple représentant d’un petit secteur d’habitation (‘âqil), dans des circonstances étroitement liées à l’enquête. Avec sa femme et ses enfants, Yazid s’est accroché à son poste malgré la guerre, et a su imposer peu à peu sa médiation en tant que personnalité neutre. En avril 2019 il obtient sa nomination comme cheikh. Parallèlement certains chercheurs, face à l'effondrement irrémédiable des structures de l'Ancien Régime (assassinat de l'ancien président Saleh le 4 décembre 2017), commencent à s’intéresser de nouveau à mon travail, timidement encore… Car entre temps, aux prises avec la société française, ce travail a acquis une toute autre dimension… |
||
L’associationL’association « le Royaume de Ziad » rassemble toutes les personnes disposées à accueillir cette histoire dans leur environnement quotidien, c'est-à-dire à s’interroger collectivement sur ce que cette histoire attend d’eux. Car l’auteur de ces lignes a fait son travail : il a rapporté cette histoire, il en a éclairci les moindres recoins, il l’a inscrit autant que possible dans la grande Histoire et dans l’ordre du monde. Malgré cela, il subit l’ostracisme des institutions académiques, et à vrai dire de toutes les institutions établies. Ses contributions au débat public sont ignorées. Les prestations qu’il pourrait offrir, en termes de médiation et de conseil, sont systématiquement remerciées, au prétexte qu’elles ne seraient pas « objectives », qu’elles ne seraient pas « laïques », qu’elles ne seraient pas « citoyennes »… L’association se veut donc en premier lieu un collectif local de soutien à un anthropologue indépendant - susceptible de l’orienter, d’accueillir de manière constructive l’originalité de ses propositions, et en tout état de cause de lui apporter une caution citoyenne par la reconnaissance de son histoire. Lire
l'histoire
/ Images
du quartier de l'enquête
/ Publications associées En second lieu, l’association se veut un espace de réflexion collective sur l'intégration du Moyen-Orient aux perspectives citoyennes, militantes et intellectuelles. Elle rassemble des personnes de tous horizons, disposées à s’aventurer dans une autre compréhension de la crise du Moyen-Orient et du monde, afin d’en comprendre les retombées dans la société française et de dégager les perspectives d’un avenir commun. L’association prolonge l'interaction d'enquête avec Ziad, sa famille et sa société. Elle accueille l’apport de son fondateur pour une compréhension systémique (plutôt que culturaliste), expérimentale et laïque. Sur cette base, elle développe et promeut un autre rapport aux réalités moyen-orientales, enraciné dans la société française, sa mémoire et ses expériences diverses, dans toutes les arènes de l’engagement citoyen. L’association entend ainsi construire un tiers-lieu : à juste distance de la société moyen-orientale, notamment par son attachement au principe de laïcité, mais également des institutions académiques occidentales, vis-à-vis desquelles elle cherche à construire une certaine indépendance négociée. |
||
|